Guide, section 3
Les devises et leurs conventions
Une poignée de monnaies concentre l'essentiel des volumes. Les connaître, ainsi que les conventions qui régissent leur cotation, évite bien des erreurs de lecture.
Trois familles de paires
L'usage distingue trois catégories, dont les frontières varient légèrement selon les intermédiaires.
- Les paires majeures associent le dollar à l'une des grandes devises : EUR/USD, USD/JPY, GBP/USD, USD/CHF, AUD/USD, USD/CAD, NZD/USD. Ce sont les plus liquides et les moins chères à traiter.
- Les paires croisées, ou crosses, mettent en rapport deux devises importantes sans passer par le dollar : EUR/GBP, EUR/JPY, GBP/JPY, EUR/CHF. Elles s'obtiennent en pratique par combinaison de deux paires majeures, ce qui explique des écarts un peu plus larges.
- Les paires exotiques associent une grande devise à celle d'une économie plus petite ou moins ouverte : USD/TRY, USD/ZAR, EUR/HUF, USD/MXN. Écarts nettement plus larges, volatilité supérieure, coût de portage parfois considérable en raison des écarts de taux.
Une convention à connaître
L'ordre des devises dans une paire n'est pas arbitraire. Il obéit à une hiérarchie d'usage : l'euro passe toujours en premier, la livre sterling ensuite, puis le dollar australien, le dollar néo-zélandais et le dollar américain. On écrit donc EUR/USD et GBP/USD, mais USD/JPY et USD/CHF. C'est la raison pour laquelle certaines paires se lisent « à l'envers » de l'intuition.
Les cinq premières
Le dollar figure sur près de neuf transactions sur dix, l'euro sur un peu moins de trois sur dix. Viennent ensuite le yen, la livre sterling et le yuan, ce dernier ayant dépassé le franc suisse au fil des dernières enquêtes. Le détail des parts figure sur la page de présentation.
Cette concentration a une conséquence directe pour un particulier : sur EUR/USD, les écarts sont si fins et la profondeur si grande qu'un ordre de taille ordinaire n'a aucun effet sur le prix. Sur une paire exotique, le coût d'entrée peut représenter à lui seul plusieurs journées de mouvement normal.
Codes normalisés
Chaque monnaie porte un code de trois lettres défini par la norme ISO 4217. Les deux premières lettres reprennent le code du pays, la troisième l'initiale de la monnaie.
| Code | Monnaie | Code | Monnaie |
|---|---|---|---|
AUD | Dollar australien | MXN | Peso mexicain |
BRL | Réal brésilien | NOK | Couronne norvégienne |
CAD | Dollar canadien | NZD | Dollar néo-zélandais |
CHF | Franc suisse | PLN | Zloty polonais |
CNY | Yuan chinois | SEK | Couronne suédoise |
CZK | Couronne tchèque | SGD | Dollar de Singapour |
DKK | Couronne danoise | THB | Baht thaïlandais |
EUR | Euro | TRY | Livre turque |
GBP | Livre sterling | USD | Dollar des États-Unis |
HKD | Dollar de Hong Kong | ZAR | Rand sud-africain |
HUF | Forint hongrois | ILS | Shekel israélien |
INR | Roupie indienne | KRW | Won sud-coréen |
JPY | Yen japonais | MYR | Ringgit malais |
La liste complète est tenue à jour par l'Organisation internationale de normalisation.
Codes disparus
Les documents antérieurs à 2012 citent des codes qui n'existent plus : la drachme grecque GRD, la livre chypriote CYP, la couronne slovaque SKK et la couronne estonienne EEK ont été remplacées par l'euro entre 2001 et 2011, la kuna croate HRK en 2023. Un code de trois lettres qui n'apparaît nulle part dans les instruments d'un courtier est souvent un vestige de ce type.
Convertibilité et restrictions
Toutes les monnaies ne se traitent pas librement. Certaines économies encadrent les mouvements de capitaux, ce qui limite les paires réellement accessibles.
Le yuan en offre l'illustration la plus connue : il se négocie sous deux formes, l'une sur le marché intérieur chinois, l'autre à l'extérieur, à Hong Kong notamment, avec des cours qui peuvent diverger. D'autres monnaies ne se traitent qu'au comptant sur un nombre restreint de contreparties, ou par l'intermédiaire de contrats à terme non livrables.
Pour un particulier passant par un courtier européen, la question se pose rarement : l'offre se limite à quelques dizaines de paires, très majoritairement liquides. Elle explique en revanche pourquoi certaines devises manquantes ne réapparaîtront jamais dans la liste.
Où les cours se forment
Les cotations d'un intermédiaire de détail proviennent de ses fournisseurs de liquidité, banques ou plateformes électroniques, éventuellement retraitées avant affichage. Deux courtiers peuvent donc afficher au même instant des cours légèrement différents sans que l'un soit dans l'erreur.
Pour disposer d'une référence indépendante, la Banque centrale européenne publie chaque jour ouvré des taux de change de référence de l'euro, en début d'après-midi. Ce ne sont pas des cours négociables, mais ils fournissent un point de comparaison utile, notamment pour vérifier a posteriori la qualité d'une exécution.
Reste à choisir par qui passer : le registre des courtiers détaille les modèles économiques des intermédiaires et les points à vérifier avant d'ouvrir un compte.